TEMPERATURES SUPERIEURES A LA NORMALE : QUEL IMPACT SUR LA MINERALISATION DE L’AZOTE DU SOL ?

26 mars 10:03

La hausse des températures a été notable à partir de fin janvier. Ainsi l’hiver 2023-2024 arrive en troisième position niveau chaleur depuis 1930, derrière 2016 et 2020. A l’échelle nationale, l’écart à la moyenne des températures de la période 2003-2022 est de +3.5°C pour le mois de février 2024.

 

Source : https://www.yvoir.fr/technique/le-climat-du-mois-de-fevrier-2024-une-douceur-qui-perdure?oft_id=10781198&oft_k=NVebG3D8&oft_lk=1iyfro&oft_d=638453936103200000

 

Le vivant est impacté par ce réchauffement, aussi bien les plantes que les organismes du sol. On peut ainsi s’interroger sur les conséquences de cette hausse des températures sur la minéralisation de l’azote organique du sol.
En effet, la transformation de l’azote organique en azote minéral assimilable par les plantes est réalisée par les micro-organismes du sol.

Cette activité de minéralisation est proportionnelle à la teneur en matière organique, et dépend du type de sol. Le potentiel de minéralisation des matières organiques humifiées du sol est plus faible en sol argileux et/ou calcaire, qui protègent les matières organiques de la dégradation par les microorganismes. L’acidité limite également cette minéralisation. Mais la minéralisation est aussi fortement impactée par les conditions de température et d’humidité :

  • La minéralisation diminue quand le sol s’assèche (optimum pour un sol ressuyé)
  • La minéralisation augmente avec la température (+10°C c’est une minéralisation multipliée par 3 environ !)

La température du sol est semblable à la température de l’air quand on regarde les moyennes journalières : le sol peut se réchauffer moins vite mais conserve plus longtemps la chaleur : les courbes de température sont ainsi décalées entre l’air et le sol mais peu différentes sur la moyenne journalière.

En se basant sur les modèles d’impact de la température et en considérant une humidité non limitante, on peut estimer qu’une augmentation de la température moyenne de 3 à 4°C pendant le mois de février engendre un surplus de minéralisation de l’azote organique du sol de 5 à 20 kg/ha selon le type de sol et la richesse en MO.

Cette fourchette ne tient pas compte des autres sources d’azote par minéralisation (produits organiques, couverts d’interculture, retournement de prairie, …) qui sont aussi impactées par le climat. Pour une augmentation de la température moyenne de 3 à 4°C, le surplus de minéralisation pour ces sources peut être estimé entre25 et 50% par rapport à la fourniture sur la même période, ce qui peut représenter 5 à 10 kg d’azote minéral par poste.

Mot(s) clé(s) : azote, azote organique du sol, minéralisation, réchauffement climatique,